Et si nos émotions avaient un monstre ? Comment l’imaginaire aide les enfants à s’exprimer
À l’approche d’Halloween, les histoires de monstres, de sorcières et de créatures fantastiques peuplent l’imaginaire des enfants. Si cet univers les fascine autant, c’est aussi parce qu’il leur offre un terrain de jeu idéal pour explorer leurs propres ressentis, notamment la peur et la colère. Mais pourquoi passer par l’imaginaire aide-t-il autant le développement émotionnel des plus jeunes ?
Mettre à distance pour ne plus se sentir submergé
Pour un jeune enfant, vivre une émotion intense, c’est un véritable raz-de-marée. Quand il a peur ou qu’il est en colère, il a du mal à faire la différence entre lui-même et ce qu’il ressent. En lui proposant d’incarner son émotion sous la forme d’un petit monstre imaginaire, comme Pikabou, on l’aide à faire un pas de côté. L’enfant ne dit plus « J’ai trop peur », mais « C’est mon monstre Pikabou qui est là aujourd’hui ». Cette nuance l’aide à voir son émotion comme quelque chose qui passe, et non comme une partie de lui.
Sortir de l’idée de « bonnes » et de « mauvaises » émotions
La joie est souvent valorisée, tandis que la tristesse, la peur ou la frustration sont parfois perçues comme inconfortables. Avec des monstres d’émotions, où chaque créature a sa personnalité, on transmet un message essentiel : toutes les émotions ont leur utilité. La peur nous alerte et nous protège. Aucun monstre n’est méchant ou à bannir.
Offrir un langage visuel et sensoriel
Mettre des mots sur une sensation corporelle est un exercice difficile. Le dessin, le coloriage et le collage de textures (fibres, carton, papier) offrent un langage alternatif immédiat. Un enfant qui a du mal à expliquer son inquiétude peut simplement vous montrer son monstre, et ouvrir ainsi la discussion en toute sécurité.
3 clés pour accompagner votre enfant au quotidien
- Accueillir le monstre sans jugement. Validez son ressenti : « Je vois que ton monstre de la peur est bien là. De quoi a-t-il besoin pour se sentir rassuré ? »
- Inventer les super-pouvoirs du monstre. Demandez-lui quel est le secret de son monstre pour apaiser les inquiétudes, ou ce qui le fait rire.
- Dédramatiser par le jeu. Donnez un nom rigolo au monstre et faites-le parler avec une voix amusante pour transformer les tensions en éclats de rire.
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Au fond, apprivoiser ses monstres intérieurs, ce n’est pas les faire disparaître : c’est apprendre à vivre avec eux, en toute complicité.
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