Le corps et l’intimité de l’enfant

En 2018, une enquête de l’IFOP révélait que plus de la moitié des enfants de 6 à 11 ans refusaient d’aller aux toilettes à l’école. Pour près d’un tiers d’entre eux, la cause était un manque d’intimité. Les enfants pouvaient même se priver de boire pour éviter d’avoir besoin de faire pipi à l’école. Rien d’étonnant à cela, quand on sait que 6 ans est précisément l’âge où les enfants deviennent pudiques et expriment un besoin d’intimité. Comment expliquer l’intimité à son enfant ? Comment lui apprendre à respecter son corps et celui des autres ?

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Pudeur et besoin d’intimité : à partir de quel âge s’expriment-ils ?

Jusqu’à l’âge de deux ans, les bébés n’ont pas encore conscience d’avoir un corps, et ne peuvent donc pas éprouver de sentiment de pudeur. Les tout-petits regardent le monde qui les entoure avec une étonnante pureté ; ils apprécient d’être nus, sont totalement indifférents à la nudité des autres et ne font aucune différence entre les deux sexes. Tout ce qui les entoure suscite leur curiosité, y compris le corps de leurs parents, une curiosité qui passe par le regard et l’envie de les toucher, en toute innocence. La pudeur et le besoin d’intimité se manifestent bien plus tard, vers 6 ans, lorsque les enfants ont fait l’acquisition complète de leur schéma corporel.

Quand la pudeur et le besoin d’intimité s’installent…

6 ans, c’est un âge charnière, celui de la grande école et celui où l’identité sexuelle des bambins est bien établie. Ils se regroupent désormais entre enfants du même sexe : les garçons d’un côté et les filles de l’autre. Autre nouveauté : les enfants, qui n’exprimaient pas de sentiment de pudeur jusque-là deviennent pudiques et expriment un besoin d’intimité. Ils peuvent être gênés par la nudité de leurs parents ou frères et sœurs, et sont embarrassés quand on parle de sexualité devant eux. Les parents doivent être attentifs à ces évolutions et adopter certains gestes auxquels ils n’étaient peut-être pas habitués : penser à fermer la porte de salle de bain et de la chambre quand ils s’habillent par exemple, et demander à leur enfant de frapper avant d’entrer, en lui expliquant pourquoi il doit le faire.

Pudeur et autonomie de l’enfant

En aidant vote enfant à être plus autonome, vous lui permettez d’effectuer lui-même certaines tâches qui peuvent le mettre mal à l’aise, comme faire sa toilette ou s’habiller. En principe, à 6 ans, il peut déjà accomplir ces tâches, même s’il a encore besoin de votre aide pour les superviser. Si ce n’est pas le cas, incitez-le à faire davantage gagner en autonomie, notez ses progrès, même s’ils sont modestes, et encouragez-le !

Intimité et distance sociale : les bisous, c’est pas automatique

Chaque être humain a besoin de définir son espace intime. C’est celui qui lui permet de se tenir à la bonne distance des autres, celle qui lui permet de se sentir bien. Cette distance n’est pas le même pour tous. Certains apprécient beaucoup les contacts, d’autres moins, et cela commence dès l’enfance. Que les amateurs de bisous en série se le tienne pour dit : les bisous, c’est pas tout le temps et pas avec tout le monde ! Certains enfants affichent un caractère indépendant et n’aiment pas beaucoup les marques d’affection trop marquées. Pour eux, les massages, guilis-guilis, chatouilles et bisous, c’est à petite dose et avec certaines personnes seulement !

C’est peut-être un peu frustrant pour Mamie Jacqueline qui adore couvrir son petit-fils de baisers, mais elle comprendra ! Si votre enfant n’a pas envie d’embrasser sa grand-mère aujourd’hui, ce sera peut-être pour une autre fois. D’ailleurs, la prochaine fois, sa mamie devrait essayer de lui demander la permission avant de l’embrasser. Et, qui sait, son petit-fils acceptera peut-être de bon cœur, cette fois-ci ! Demander l’accord de l’enfant avant de l’embrasser, c’est commencer à lui inculquer une notion importante, celle du… consentement.

Comment aborder la question du consentement avec votre enfant ?

Le consentement ! Voilà un mot dont on a beaucoup entendu parler ces derniers temps. Quand la pudeur commence à s’installer chez votre enfant, c’est le moment de lui parler de cette notion de consentement, dont on commence, semble-t-il, seulement à découvrir l’importance dans les rapports humains. Expliquez à votre bambin que son corps lui appartient et que personne n’a le droit d’y toucher sans son accord. En contrepartie, il doit aussi respecter l’intimité des personnes de son entourage, y compris celles de ses petits copains et copines. Jouer au docteur n’est pas interdit, mais il faut toujours avoir le consentement de son partenaire !

La pudeur et la honte, est-ce la même chose ?

Respecter la pudeur de son enfant et lui apprendre à respecter celle des autres, ce n’est pas lui inculquer la honte du corps. Bien au contraire ! C’est très libérateur de savoir que certaines parties de son corps relèvent de l’intimité et que personne n’a le droit de les toucher. Être pudique, ce n’est pas avoir honte de son corps, c’est avoir un domaine à soi. D’ailleurs la pudeur n’est pas uniquement physique, elle est aussi morale. Chaque être humain a le droit de refuser d’exprimer certaines pensées, ou certains sentiments, qu’il souhaite garder pour lui.

Pudeur et intimité de l’enfant : des livres pour aller plus loin

Pour aborder les notions de pudeur et d’intimité, vous pouvez vous appuyer sur des livres. Il en existe beaucoup. En voici deux que nous aimons particulièrement :

  • Le petit illustré de l’intimité, Tiphaine Dieumegard, éditions Atelier de la belle étoile

Ce n’est pas un petit illustré que nous propose l’auteure, mais deux. Le tome 1 aborde l’intimité des filles, le tome 2 celle des garçons. L’intimité, l’auteure la connaît bien puisque qu’elle est sage-femme. Dans ces deux volumes, elle parle d’anatomie, en nommant les parties génitales par leur nom (vulve, vagin, utérus, pénis scrotum, testicules, etc.), de physiologie (érection, règles, etc.), et de psychologie (genre, consentement, etc.), de façon simple et naturelle, sans tabous. Deux livres bien utiles aux parents qui ne savent pas par où commencer pour parler de pudeur, d’intimité et de consentement à leur enfant.

  • Respecte mon corps, Catherine Dolto, éditions Gallimard Jeunesse Giboulées

Comment trouver les mots justes pour aborder le problème des violences sexuelles ? Catherine Dolto explique dans un langage précis ce qu’un adulte ne doit pas faire avec un enfant, et comment le bambin doit réagir s’il a des gestes déplacés.

Toutes les familles ne vivent pas la pudeur de la même façon. Dans votre famille, diriez-vous que vous êtes plutôt pudiques ou pas ?

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